Mélanie Hofmann, exposition aux AA.

J’ai 23 ans, je viens de Toulouse et je suis venue sur Grenoble pour poursuivre mes études. Je suis en M1 production médiation des formes culturelles à l’UPMF.

J’ai toujours dessiné. C’était un moyen d’évasion quand j’étais enfant, probablement de repli sur soi. En tant qu’enfant unique, j’étais directement plongé dans l’univers des adultes, une sorte d’éponge émotionnelle. Il n’y avait aucun filtre pour me préserver des injonctions quotidiennes auxquelles obéissaient mes parents et les adultes en général (leurs responsabilités). Comme je n’avais pas de frère ou de sœur avec qui créer un imaginaire enfantin rassurant, je me suis créé un monde via la pratique artistique. Ensuite j’ai précisé mon goût pour l’art en faisant un bac L Arts plastiques. Malheureusement le côté « production chaque semaine » et l’approche académique du dessin et de la création artistique en elle-même m’a énormément déçu. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai changé de style. A mon entrée en seconde j’étais bloquée dans la figuration et la volonté de reproduire fidèlement les choses que je voyais: le réalisme, que j’ai troqué pour l’abstrait. J’aime à croire que je me situe dans l’expressionnisme abstrait, du moins c’est le mouvement qui m’inspire le plus dans mes productions actuelles. Je trouve qu’on a beaucoup plus de liberté d’action dans l’abstrait et ce que je préfère avant tout c’est provoquer l’accident.

Je n’ai pas de réflexion préalable ou de projet en particulier quand je commence une toile. Je ne peux pas prévoir à l’avance l’aspect qu’elle aura, ce à quoi elle ressemblera, je la découvre en même temps que les autres. Penser une œuvre en amont lui enlève selon moi tout son mysticisme et supprime la notion même d’improvisation. Je me fixe seulement quelques règles: choisir une ou deux techniques particulières, un médium un support et je les laisse interagir entre eux, je ne suis que la médiatrice qui les met en lien.

Ce que j’aime également avec l’abstrait c’est que ça ne renvoie à rien qui existe déjà. L’abstrait supprime toute forme de sens commun qui emprisonne les gens dans leur appréhension individuelle de l’art -> par exemple quand un arbre est représenté de manière figurative, la production parle d’elle-même: c’est un arbre et tout le monde c’est ce qu’est un arbre. On apprécie le réalisme, le trait de crayon, le style mais ça pêche en ce qui concerne la symbolique… il n’y a aucune co-construction de sens possible comme ça peut être le cas (toujours selon moi) avec l’abstrait et c’est justement ce que je recherche: provoquer le public en lui proposant quelque chose qu’il ne comprend pas de prime abord. Il essaiera d’en trouver le sens, même s’il n’y en a pas. C’est un comportement humain après tout de trouver du sens aux choses.’

Dsc 0012

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